pub

 

Notice sur Neuilly la forêt (1866)
 
 
 
Neuilly, Nulleium, dont le nom paroissial est Neuilly l’évêque, est une commune du calvados, à 6 killomètres au sud-ouest d’Isigny. D’une population de onze cents âmes, d’une superficie de deux mille cent trois hectares, seize ares, elle est située sur la rive droite de La Vire, vers son embouchure et l’entrée des Veys, arrosée par la rivière d’Elle qui la traverse du sud au nord pour se jetter dans La Vire sans avoir quitté cette commune, et a pour abornements, à l’est : les Oubeaux et Castilly ; Au sud-est : Lisons ; au sud-ouest : Airel et Saint Fromond ( manche) ; à l’Ouest Montmartin en graignes ( manche ) ; et au Nord : Isigny.
 
            Ceux qui aiment les éthymologies celtiques prétendent que le nom de Neuilly vient de "non" que l’on prononce "nouë", et qui signifie lieu humide et gras. D’autres le font venir du mot latin Nuces, noisettes.
 
            Il y avait autrefois dans Neuilly, des salines qui donnaient du sel blanc. Elles étaient situées au Nord–ouest sur les bords de La Vire et ont cessées d’être exploitées depuis la suppression de la gabelle.
 
            L’église de Neuilly est sous le vocable de notre dame  dont la fête de l’Assomption est la fête patronale de la paroisse. Elle est bâtie à l’extrémité ouest de la commune, sur la colline qui borde la vallée de La Vire. Sa construction primitive était romaine, comme on peut le voir encore par une petite porte bouchée au bas du chœur coté sud, par la petite porte de la nef, même côté, par les anciennes fenêtres de la nef, petites et cintrées en forme de meurtrières et enfin par une ancienne porte de la nef, au Nord, laquelle est cintrée avec une archivolte ornée d’une bordure de têtes de clous, et d’un rang de zig-zags peu prononcé et reposant sur les colonnes. Dans quelques pans des murailles on peut voir encore de la maçonnerie en arrêtes de poissons qui accuse le onzième siècle.
 
         Insique l’église n’ait pas de chapelles, et par conséquent ne soit pas bâtie en forme de croix, le chœur est cependant très incliné du coté sud ; On sait qu’au moyen age il était assez d’usage d’incliner ainsi les chœurs des églises pour faire penser la mort du sauveur qui dit le texte sacré, inclina la tête et rendit l’esprit.
 
Le chœur est rectangulaire, d’une longueur de 14 mètres sur 6 mètres de largeur, Au 13°siècle il fut transformé en construction ogivale, voûté en pierres, éclairé de chaque côté par 3 fenêtres lancettes sans colonnes ni nervures, et au chevet par une grande ouverture arrondie au sommet et subdivisée en trois fenêtres ogivales ² lancettes ; une grande arcade ogivale forme l’entrée du chœur, au coté sud duquel est accolée la sacristie,
Moderne comme toujours, et dont la porte ouvre dans l’église au pied du sanctuaire.
 
La nef  27 mètres de long sur 9 mètres et demie de large, quand on refit la chœur au 13°siècle, on établit au coté sud de la nef, dans une ancienne porte romane dont on voit encore le ceintre, une ouverture ogivale dont le tympan est orné d’une petite rose.
 
 
             Le pignon occidental paraît aussi avoir été refait la même époque avec un portail en ogive, ayant en haut de chaque coté une fenêtre lancette comme celles du chœur.
 
A l’intérieur, de chaque coté du portail, sont deux grosses colonnes cylindriques avec chapiteaux, dont on ne s’explique la construction que par le projet non exécuté de refaire la nef avec bas cotés. A l’intérieur, au haut sud de la nef, on voit une petite fenêtre ogivale qui est bouchée et qui devait servir, comme bien ailleurs,  s’éclairer le petit autel et le passage la chaire. Quand on la boucha on ouvrit coté et plus haut une fenêtre à deux baies ogivales, surmontées d’une petite rosace, qu’on y voit maintenant, et probablement avec l’intention de refaire sur ce modèle toutes les ouvertures de la nef.
 
 Les cinq autres ouvertures  sommet arrondi qui éclairent maintenant ont été percées peu après l’année 1700,  l’époque  laquelle on construisit devant le portail,  la place du porche des pénitents la tour carrée actuelle, terminée par un toit en bâtière, couverte en ardoise, et composé de quatre étages. Avant la construction de cette tour le clocher était en bas du chœur ; on y montait par un escalier en pierre pratiqué dans la muraille a coté sud, ce qui explique pourquoi en cet endroit du chœur la fenêtre est ouverte au coté de l’arcade au lieu de l’être au milieu comme les autres. Ce clocher, qui probablement était en bois, menaçait de ruine quand en 1698 furent délibérées et sa destruction et la construction de la tour actuelle qui coûta 3800 livres. Dernièrement ont été démolis des bancs en maçonnerie couverte de pavés, établis tout autour de la nef contre les murailles en faveur des infirmes avant l’usage de sièges pour les tous les assistants se fut introduit.
 
 Il y a que peu d’années les pierres tombales qui étaient dans l’église furent levées, sciées, et transformées en pavés, Nous avons lu sur une le nom de gme suhard, sieur de la conseillère. La famille Suhard existait dans la paroisse dés avant 15 eme siècle. Un membre de cette famille, chanoine et vicaire général de Bayeux établit en cette ville, en 1747 une manufacture de dentelles en faveur des enfants pauvres ; Il en confia la direction aux religieuses de la providence de Rouen, et l’installa dans une fort belle maison, située proche de l’église notre dame de la potherie, qu’il acheta avec un une somme que lui avait laissée en mourant Mlle Scelles de létanville, sa tante. Au pied du sanctuaire étaient les tombes de Charlotte du Chastel, décédé en 1633, et de son mari, Charles de Pierrepont, sieur de saint Lambert, décédé en 1646.
 
           Ce Charles de Pierrepont est le premier de ce nom qui ait habité la paroisse de Neuilly, il y vient  l’époque de son mariage avec Charlotte du Chastel, veuve de Guillaume D’Auxais, dont la famille possédait depuis longtemps la sieurie de saint Lambert, tandis qu’une autre branche de cette famille du Chastel avait la sieurie de Lisons. Un de Pierrepont alla avec les compagnons de guillaume le Conquérant faire la conquête de l’Angleterre.
 
En 1563 la capitaine de Pierrepont, calviniste, fut envoyé avec de Briqueville –colombieres pour prendre Bayeux qui fut très maltraité par la faction protestante. Le même capitaine, après le traité d’Amboise, étant venu s’embarquer avec une petite troupe auprès de Cherbourg pour s’en emparer, le Maréchal de Matignon, qui s’y trouvait et en était prévenu, fit cerner l’embascade, prit le capitaine de Pierrepont et le fit pendre.
 
 Dans les guerres de Louis XIV nous voyons un de Pierrepont figurer honorablement a coté d’autres nobles habitants du pays, les de Bellefonds, les de Briquevilles, les de la Luzerne. Au mois d’avril 1754 décédait a Paris Pierre de Pierrepont, escuyer, chevalier de saint louis, officier de la première compagnie des mousquetaires du roi ; Laissant deux fils qui étaient chez leur oncle  Neuilly la foret, jacques Bonaventure de Pierrepont, escuyer, sieur de st lambert. Depuis Charles de Pierrepont jusqu’en 1770 chaque chef de la famille de Pierrepont prenait titre d’escuyer, sieur de st Lambert, après cette époque il prit le titre de marquis de Pierrepont, seigneur de Ste honorine, st pellerin, et autres lieux. En 1792 Mr de Pierrepont ayant émigré perdit sa propriété de Neuilly appelée terre de la londe, et contenant 235 vergées ; Ou vient de démolir les derniers restes du château qui était bâti sur cette terre. Au bas du chœur, en face la porte de l’escalier de l’ancien clocher, était la sépulture d’un de Boran, sieur de la borannerie, cette sépulture portait la date de 1637.
 Un de Boran était aussi alors sieur de Castilly, son titre passer par alliance aux marquis de Foudoas. Au milieu du chœur une dalle indiquait la sépulture de Pierre Grandin, décédé curé de Neuilly et doyen du doyenné de Couvains en 1686. une autre dans la nef,  coté du petit autel sud, celle de Mr jean Sandret bernard, originaire et curé de Neuilly, décédé en 1756 avec la réputation d’un prêtre zélé, pieux, instruit,mentionnons encore dans la nef les sépultures des Lepellerin, sieurs des Lonchamps, inhumés prés la petite porte vers le bas, et dou descend une des principale propriétaires actuelles dans la paroisse, Mr le marquis de Bellefonds,son père Mr le boucher d’Emieville ayant épousé une des dlles Mollet, petites filles et héritières de mme Lepellerin des longchamps ; Les sépultures des Compère, sieur de st Jean, inhumés du coté et un peu au-dessous de la chaire, sur le bord de la grande voie de la nef ; celles des pretres, sieur de glatigny, dont un membre, curé de st éxupére de Bayeux fit en 1753 allonger de 16 pieds, la nef de son église.
 
Celles des Etoc, sieur de gron, de la Hérissiere et du bois du fresne, celles des Demehereng ; Sieur des landes et du grand bosc, des Delahaze, toutes familles qui avec d’autres encore avaient fait  l’église des fondations, on laissé aux pauvres quelques rentes, dont les mères ont été perdues, d’autres sont passées  l’hospices de Bayeux, d’autres enfin sont encore servies au bureau de bienfaisance ou  la fabrique de l’église.
 
Puisque nous venons de parler des sépultures, disons ici que les maladies contagieuses qui ravagèrent la contrée dans la première moitié du 17 eme siècle se firent sentir  Neuilly en 1634,1635, et 1636, surtout en 1634 ou le nombre des décès s’éleva 115, bien que la population atteignit  peine 1100 âmes ; On avait renoncé  apporter les morts au cimetière, on les enterrait dans le jardin devant les maisons.
 
Un pouillé de la bibliothèque du chapitre de Bayeux mentionne au 15 eme siècle la chapelle Ste Marie du manoir de st Lambert, cette vieille chapelle existe encore dans la ferme de ce nom, mais employée  vils usages. Une chapelle dédie a st gilles au village de fumichon a été entièrement détruite de puis longtemps. Un bâtiment de la ferme de la mare porte encore le nom de chapelle, on croit communément dans la commune que ce nom lui vient de ce que, pendant les troubles révolutionnaires de la fin du dernier siècle, un prêtre fidèle, Mr l’abbé Gosset, de carentillly ( Carentan) y venait quelquefois exercer secrètement les fonctions du saint ministère, après que le curé légitime de Neuilly, Mr Joachim Youf, ont été forcé avec son vicaire, Mr Georges Lebarbier, de quitter la paroisse pour refus de prêter serment schismatique  et de s’embarque  Portbail pour s’exiler  jersey ou il mourut ; nous croyons plutot que la chapelle a été donné a ce bâtiment parce qu’il a servi autrefois au culte protestant,
car :
          1/ un îlot dans la mare de cette ferme porte encore le nom de cimetière des protestants ;
car :
           2/ au registre de catholicité et état civil pour 1637 on lit que le 20setembre Jeanne de lamare de Neuilly, faisant ci-devant profession de la religion prétendu réformée, a abjuré l’hérésie et fait profession de la foi catholique, après quoi elle a été fiancée  Jean de portijean, sieur de Launay, de la paroisse du Mesnil Angot ou elle a été mariée, Car :
 
          3/ cette ferme de lamare était avant 1770 un fief appartenant  la famille de Briqueville, et on sait que vers 1570 François de briqueville –colombiere était un des plus ardents et des plus fougueux chefs du protestantisme dans nos contrées, il avait gagné ² sa secte  la famille de lamare, propriétaire de la terre dont il était seigneur.
 
Au village d’hiegate, paroisse Montmartin en graignes lequel était autrefois un fief de la baronnie de Neuilly, située derrière le château sur le bord et en deçu de la vire, on voit encore la chapelle, st marcouf, qui sert a des usages profanes, Une croix, élevée de temps immémorial au milieu d’un carrefour au village de le belle croix, a fait donner ce nom  un village.
 
Le grand chantre de la cathédrale de Bayeux était patron et curé primitif de Neuilly et des oubeaux, c’était  lui qu’appartenaient les droits de collations, visite et départ lors des vacances des dites cures. Le patronage des dites paroisses était attaché  un fief appartenant au grand chantre et assis en paroisse de Neuilly, des oubeaux, et d’Évrecy et se consistait en domaine fieffé et non fieffé avec couvre –usages et autres droit seigneuriaux.
 
Le grand chantre avait encore dans la paroisse de Neuilly toutes les dixmes, moins celle des sangliers et sur lesquelles il devait payer la pension du srs curé et vicaire de la dite paroisse.
 
Au 13eme siècle l’évêques Robert des Alliges lui avait concédé la dixme du saumon que l’on prenait alors très abondamment prés du château.
 
Le presbytère de Neuilly, situé au Nord est de l’église dont il n’et séparé que par la route d’isigny et une petite place appelée la cour des granges, est un logement convenable rebâti en 1763, aux frais des habitants il avait été aliéné en 1793 ; Vers 1855 la commune le racheta, grâce aux soins actif et dévoués de Mr Pierre Janvier Martin, maire depuis environ 40 ans, et en 1861, il fut rendu à sa première destination avec, l’annexe d’un herbage d’environ trois vergées, qui avait été acheté et donné  la cure en 1699 par Mr Laurent Auvray alors curé de Neuilly.
 
Neuilly possède deux écoles_ celle des garçons est situé depuis plusieurs siècles au sud-est de l’église elle n’est séparé que par un chemin. En 1840 la classe et l’habitation de l’instituteur ont été entièrement rebâties.
L’école des filles est situé  sur la cour des granges, au Nord-Ouest du presbytère, elle fut bâtie pour cet usage vers 1690 par Mgrs de Nesmond Evêque de Bayeux, il confia la direction aux filles charitables de l’enfant Jésus, lesquelles venaient d’être fondées à Rouen pour l’instruction des filles pauvres et bientôt se réunirent aux religieux de la providence qui venaient avoir d’être établies dans le même but. Les religieuses de la providence dirigèrent l’école des filles de Neuilly jusqu’en 1792, alors elles furent remplacées par une institutrice séculière qui n’en garda la conduite que pendant une année ;  son départ les deux sexes furent reunis sous la main de l’instituteur, la maison bâtie par mgs de Nesmond resta sans être occupée jusqu’en 1802, ² cette époque la commune privée d’un presbytère la consacra
cet usage. Après avoir servi de presbytère jusqu’en 1862 cette maison a été rendu ² sa première destination et donnée aux religieuses du sacré cœur de Coutances établies dans la paroisse depuis 1837, au village de la pilonnerie, dont une maison que par les soins de Mr Bunel, curé de Neuilly, leur avait pressée pour 25 ans Mr le maquis de Bellefonds. En 1865 on a bâti une vaste classe séparée par une cour d’habitation des instituteurs. Les deux écoles ont perdue en 1793 une rente de 600 livres qu’en 1693 mgs de Nesmond leur avait assurées,² condition que les classes seraient gratuite pour les pauvres, sur différends fonds, enclavé dans la ferme du clos au moine, paroisse de lisons et qui dépendaient des possessions l’évêché de Bayeux. A la même époque la cure perdit aussi la propriété d’une pièce de labour, plantée de pommiers nommée la lieunone, d’une contenance de 4 vergées, 34 perches, situés entre la rue du parc et celle des petits chemins, et donnée à la cure vers 1625 par simonne Houivet, femme mathurin Osmond.
 
La maison commune de Neuilly est une salle, attenante au gable Ouest de l’habitation des institutrices, et qui servait déjà à cet usage au siècle précédent.
 
En 1789 le territoire de la paroisse de Neuilly était partagé, outre les terres de la baronnie dont nous parlerons plus loin, entre dix terres nobles et environ cent quatre vingt dix propriétés roturières ; Les terres des nobles étaient, la terre de la londe, appartenant à Mr de Pierrepont, contenant 235 vergées ; La terre de Mr d’Emieville contenant 453 vergées ; La terre de gron, du fresne, la herissiere pour M de Bosdelle, 145 vergées ; la terre de varville pour Mr Renaud d’Argouges, 108 vergées ; Cette terre appartenait pendant la second moitié du 17 eme siècle à Nicolas Lequens, sieur de Longaunay, et après lui à son fils, le sieur de Varville ; la terre de la bergerie, à Mr de Versac, 219 vergées ; La terre cantraine, pour Mr Dolere, 84 vergées, la terre de la boronnerie, pour Mr Juhel de la Nolliere, 61 vergées ; La terre de Mr de la Houssaye contenant les nicolleries, le mont au cerf et le jardin du bas, 34 vergées ; Enfin la terre de la chesnaye, pour Mr du Trésor, 60 vergées, entre les rues des petits chemin et Isigny.  
 
Neuilly avait donné son nom à une baronnie qui formaient autrefois la principale apanage de la mense épiscopale de Bayeux, de la le nom de Neuilly l’Evêques.
 
A cette baronnie étaient jointe celle d’Isigny, d’Airel, de Crespion avec les bois d’elle. Ces quatre baronnies étaient sises dans les paroisses sucdites et dans celles de Vouilly, les Oubeaux, Castilly, Lisons, Cartigny, et st Fromont. Il ne faut pas toutefois entendu pas la que les fonds qui composaient chacune de paroisses relevaient totalité des quatre baronnies, car il s’y trouvait beaucoup d’autres héritages très vastes qui étaient de plusieurs fiefs indépendants de l’évêché, ainsi à Neuilly le fief de st Lambert relevait du Roi, autres relevaient du chantre, du chapitre, de Rochefort, de l’Épinay- tesson, etc.
 
Les Ducs de Normandie avaient d’abord possède en quatre baronnies. Au onzième siècle le Duc Guillaume le Conquérant en fit don à son frère Odon de Conteville, éveque de Bayeux, pour lui et ses successeurs. C’était au domaine non fieffe, mais comme seigneur et propriétaire, l’évêque avait ces grand fiefs une foret, des landes, et des marais. Les ducs avaient concède ² plusieurs vassaux de leurs baronnies certains droit d’usage sut tous ces fonds, à cause de diverses charges qu’ils leur faisaient remplir, comme gardes le château, la prison, d’être prévôt, d’accompagner la recette à Bayeux ou même de payer telle redevance, d’être assujetti à telle corvée. Les Evêque ajoutèrent encore aux droitures anciennes, et il en résultat, surtout parce que des usurpateurs se glissèrent parmi les vrais usagers un grand nombre d’abus qui firent que la foret composée d’abord de 2030 arpents de futaies et de 50 arpents de taillis et bruyères, se trouva réduite de plus de moitié. Le roi en ayant été instruit, des lettres patentes du 14 mai 1543 interdirent à l’évêque Bernardin de saint François et à ses successeurs tout défrichement nouveau de la foret, tout nouvelle clôture des landes et marais, toute concession d’usages et suspendit l’exercice des anciens ; Un arrêt du parlement de Rouen déclara le 23 septembre 1579 que ceux la seuls seraient maintenus dans leurs usages qui fourniraient par des aveux, titres ou renseignements antérieurs ² 1538 les preuves de leurs droitures ; enfin un arrêt du même parlement du 30 octobre 1627 reconnut les droits bien fondés de 55 usagers qu’il divisa en trois catégories :
1/ ceux qui avaient le droit de prendre du bois dans la foret pour brûler (droit d’ardre) et pour bâtir et réparer ( droit d’aménager) et la faculté de pâture dans les landes et marais pour les porcs (panage) les bestiaux, ( herbage) les oies ( ouage) et les moutons ( moutuage.
           2/ ceux qui avaient les droits des précédents quant au pâturage, mais qui ne pouvaient prendre le bois que pour leur adre ou bien pour leur arrierage.
          3/ ceux qui n’avaient point droit sur le bois, mais seulement sur le pâturage ; Et pour n’étaient reconnu qu’aux aînés sans que les puisnés prétendu, sauf leurs recours sur les aînés.
 
En 1625 L’évêque Jacques d’angennes pour son fief de Montmartin en graignes , situé derrière le château , entre l’ancien et le nouveau lit de la rivière de vire, expression que l’on employait ds cette époque, avait passé avec les habitants de Montmartin une transaction par laquelle , se réservant en propriété franche les petits marais de l’estorlus et du quesné, d’une contenance de deux acres ou trois arpents , le clos vicot et trente acres du marais, il en cédait 90 acres aux usagers de nos baronnie et le reste aux habitants de Montmartin en propriété utile.
 
 Par la transaction de 1651 le prélat se réservait, outre les herbages et domaines dont il jouissait déjà et qui étaient   et qu’il étaient le vivier l’évêque, crespion, le clairet, l’herbagement, les prés du château, le petit herbage y joignant, les rosiers, les crés et pétils de st Lambert, et bois du parc, les prés fermettes, et autres :
 
          1/ pour la foret, l’aunay dame jouanne, lequel canton de foret s’étendait depuis le fait de la bougdelle à remonter par la route jusqu'à la lande de clerbosq.
          2/ pour les landes : les landes des oubeaux et bois abroutis, du coté des oubeaux jusqu’au mont d’ifs ;
         3/ pour les marais : Un herbage nommé la haie d’étevilly et deux petits marais adjacents, contenant les trois 6 arpents, 20 perches, pour lequel il abandonnait le marais de Neuilly et la lande de Castilly attenant au mont d’ifs une pièce de marais sous la foret aux jouxtes de la haie d’avilly  et nommée les rousses, 40 vergées ; le marais nommé de dessous les pasquetieres, 22 vergées ; Le marais Le Malaquis, 25 vergées ; le marais sur avilly, 44 vergées ; Du marais derrière le château 130 vergées ; du marais de la Hougue vers l’église d’airel 100 vergées ; du marais de crespion entre le ponts de saint fromond 8 vergées ; du marais le polibert ² saint Fromond contre le vivier l’éveques 35 vergées ; du marais salé de Neuilly 140 vergées outre les fossés et salines ; du marais salé d’Isigny 230 vergées outre les fossés et salines ; du marais salé appelé goville, du coté du petit vey 64 vergées ; enfin le petit marais de 4 vergées appelé quai au moules dans la bourg d’Isigny.
 
Après cette transaction les Evêques s’occupèrent de défricher, de dessécher et d’améliorer leurs tiers. Pour mieux y réussir ils inféodèrent à differents temps tout ce qu’il avaient du marais salé d’Isigny, la marais Goville, le quai aux moules, et d’autres terre encore, bien plus en 1770 Mgr de Rochechouard échangea la seigneurie entière du bourg d ‘Isigny avec tous les droits qu’il possédait contre un fief dépendant du roi, que la marquis de Bricqueville possédait a Neuilly et se composait des fermes de saint Lambert, de la Mare, et des terres des hauts vents, avec les mouvances qu’il avait en outre au droit de ses autres fiefs et domaines, et ainsi les Evêques peu à peu formèrent à Neuilly ces propriétés importantes qui au moment de l’annexion des biens de l’église ² l’état en 1790 contenaient environ 2200 vergées de terre, divisées en fermes et Herbages séparés. Les fermes étaient : celle du château, contenant en bâtiments, cour jardin et terres 180 vergées, non compris le château, et place d‘entrée le tout de 3 vergées en mesure de 22 pieds a la perche et de 40 perches ² la vergée, la ferme des moulins banaux de saint Lambert ayant deux tournants et deux prés de 20 vergées ; la ferme de saint Lambert, 18 vergées ; la ferme de la nefs du pas avec deux bateaux et 30 vergées de prairies ; la ferme des crétils-pétils, 130 vergées ; la ferme de la porte du parc, 13 vergées ; la ferme de la mare, 240 vergées ; plus de petit bois taillis d’environ 6 arpents chacun ; la ferme des clerbosq 45 vergées ; la ferme de la vente –huchet 380 vergées ; Le ferme des carrières 360 vergées ; la ferme de la querriere et des haut –vents 200 vergées ; Les herbages neuve partagé en trois, la piecesure ?? Partagé en quatre ; la pièce de la campagne, la ronde étable, le pré du village, les prés du bas, quatre prés du bois du parcs, un herbage en pays bas ; les grands joncs, les petits prés fermettes la pièce de la fontaine, le prés de la mare, le clos du prés, les prés la grande et la petite vente, la pré Brutre et le gardinet, formant en tout environ 475 vergées d’herbages.
 
Aux propriétés susdites il faut joindre le tiers de la forêt qui contenait alors 950 arpens dont un quart sur Neuilly, un quart sur Castilly et la moitié sur Lisons, et dont les Evêques retiraient chaque années 25 cordes de bois, le bois des arpents, situé à l’entrée de la forêt prés des Clerbosq, d’une contenance de 102 arpens et l‘exploitait en sept coupes pendant 9 ans ; Le bois du parc situé au Nord de l’église, à gauche de la route qui va à Isigny, contenant environ 330 arpens, le gage –pleges de la baronnie de Neuilly consistant en diverses rentes en argent, graines, volailles, œufs, sel, oiseaux ¾ mer, ainsi que les droits seigneuriaux sur les fiefs, qui en dépendaient ; ces fiefs étaient très nombreux dans Neuilly, nous ne citerons que ceux de gron, du grand chantre, Guillaume Greaume, de la noble sergenterie, de Presbourg au Bauquet- marais vendu en 1600 par J le doubert, sieur de rampan a Mr de Mathan, sieur de meauffe, pour le prieuré de st Fromont, dont le dit de Mathan était prieur commendataire.
 
Hors de Neuilly les fiefs dépendants des quatre baronnies étaient : les fiefs de Montmartin en graigne, de vierville au cotentin, du rochy à st Marcouf, les fiefs Richard leloup et counet  sis a st Fromont, les fiefs lechevalier, Alain Chistel, Legobieux, et Hanthonne, sis à Airel ; les fiefs des Fontaines, de Rupalley, de Semilly, de Sourdeval, du Passage du Vey, sis à Isigny ; les fiefs de Vouilly, de Pretreville, de Boute vilain, sis à vouilly ; les fiefs du castelet et de l‘ifs, sis aux Oubeaux ; les fiefs de castilly, de la Pinchonniere, de Surville, autrefois Etreham, sis à Castilly ; les fiefs de lisons, dumesnil, Roger Heliot, guilebert Tannot, sauvegrainet d’Abléges, sis  Lisons ; les fiefs Hué le port , Lebas, Duhamel, Vicontel, Raoul Lami, Jean Dujardin, de Magny, de rotz et de Feuguerolles, sis à Castilly.- Une des redevances du fief de Feuguerolles était l’entretien de la grande couronne de la cathédrale , couronne de cuivre doré, couverte de larmes d’argent et attachée à une chaîne de fer dans le haut de la nef ; cette couronne, don de l’évêque Odon de conteville, de 16 pieds de hauteur, et ornée d’autres
Couronnes en forme de tour, occupait la largeur de le nef ; elle portait quantités de cierges qu’on y allumait dans fête ; il y avait 47 vers latin gravés tout autour à la louage de l’église. Elle fut volée par les protestant en 1562.
 
Le chef lieu de la baronnie de Neuilly, Isigny, Airel et crespion était un château fort, bâti à l’Ouest de l’église, au milieu du marais, entre l’Elle et la Vire. Son histoire se lie à des évènements fameux dans nos annales.
 
En 1088, l’Evêque Odon de Conteville y retint prisonnier le Comte de Bellemes, qui avait pris parti pour le duc Robert de Normandie contre son frère Henri qui s’était fait proclamé roi d’angleterre.
 
En 1341, le château de Neuilly fut assiégé par Geoffroy d’Harcourt, qui préludait ainsi à cette guerre funeste dont le résultat fut l’asservissement pour de longues années d’une parti de la France à l’Angleterre, voici le fait Geoffroy d’Harcourt, sire de saint sauveur le vicomte, avait demandé en mariage la fille de Roger Bacon, seigneur du Molay, Robert Bertrand, sire de Bricquebec, maréchal de France et frère de Guillaume Bertrand, Evêque de Bayeux, la voulait donner comme épouse ² son fils, le vicomte de Roncherolles. Tous deux prétendaient avoir reçu des promesses de mariage, et ils en vinrent à prendre les armes l’un contre l’autre. Geoffroy assembla ses chevaliers, ses vassaux, leva des troupes nombreuses et vient mettre le siège devant le château de Neuilly qui appartenait au frère de son adversaire.
 
Tous les amis de Geoffroy prirent son parti, parce que Roger bacon affirmait qu’il avait était le premier demandé sa fille, et que c’était de force que Roncherolles avait extorqué sa promesse Jean comte d’Harcourt, Guillaume Bacon, seigneur de Villers et oncle de la demoiselle, Richard sire de Percy, Jean Tesson, baron de la roche, Ollivier Clisson père du vaillant frère d’armes de Bertrand Du Guesclin lui offrirent leurs services.
 
 Le roi de France Philippe de Valois, sachant que les seigneurs partisans de Geoffroy s’entendaient contre la France avec Edouard III roi d’Angleterre, prit parti pour Bertrand ; Il vient à Neuilly au secours de ce dernier, et s’étaient saisi de Richard de Percy, de Jean Tesson et de Guillaume Bacon, il leur fit trancher la tête qu’il envoya planter sur les mur de Carentan, puis il fit saisir et emprisonner plusieurs autres seigneurs, pendant que Roncherolles s’emparait des fiefs, terres et château de Geoffroy et des seigneurs mis à mort. Geoffroy effraye, accablé se trouva trop heureux de pouvoir s’échapper, aussi, abandonnent son entrepris sur Neuilly il se hâta de passer en angleterre.
 
 Edouard III reçut Geoffroy avec honneur, il écouta ses plaintes et lui promis de l’aider à venger la mort de ses amis et à rentrer dans ses terres, il lui fit même par de son dessein de profiter de l’occasion pour tenter la conquête de la France. Geoffroy promit à Edouard de le seconder de tout son pouvoir et il tint parole. Cinq ans après en effet, le 6 juillet 1346, Edouard III guidé par Geoffroy, descendit avec trois corps de troupes au port de la Hougue. Geoffroy qui avait le commandement d’un corps ? Marchait en avant de la bataille du Roi avec 500 armures de fer et 2000 archers, et comme il connaissait bien sa patrie c’était lui qui traçait le chemin. Après avoir ruiné Montebourg, Valognes, Carentan et lieu circonvoisin et d’avant d’aller attaquer
 Saint-Lô et Caen, Geoffroy vient mettre le siège devant Neuilly. L’Evêque s’était retiré à Caen avec son frère, son neveu et la noblesse du pays, sous la garde de 300 génois, commandés par le seigneur de Wargny. Le siège de Neuilly ne dura que peu de jours, et la château pris par Geoffroy fut détruit et réduit en cendres.
 
Promptement relevé la forteresse de Neuilly servit d’asile en 1356 à l’Evêque Pierre de Vilaine, qui s’était retranché pour se soustraire au duc de Lancaster, lequel descendu à la Hougue avec les Anglais vint assiéger Bayeux qu’il prit et pilla.
 
Le chagrin que ressenti le prélat du pillage de sa ville épiscopale hâta sa mort, qui arriva le 3 septembre 1360 dans son château de Neuilly, dont il laissa la garde à un nommé Samson. Le corps de cet évêque resta dans la chapelle du château pendant 90 ans sans être inhumé à cause des censures qu’il avait encourue pour n’avoir pas payé les annates à la chambre apostolique. Zanon de Castiglione, une des successeurs, qui habitait souvent le château de Neuilly et y mourut aussi en 1459, acquitta sa dette, puis le fit transférer et inhumer dans la cathédrale.
 
Le 15 mai 1418 le château de Neuilly fut par composition remis aux anglais, et reçu par Guilbert de Wenpville, capitaine de Caen, des mains de Thomas de Creully de st clair qui en était commandant, le juillet suivant la garde en fut confié à messire Jean Steward, chevalier, capitaine ayant sous lui cinq hommes d’armes et quinze archers, lequel pour le paiement de ces hommes et la garde du Chastel devait recueillir les fruits et revenu du dit Chastel, tant qu’il plairait au roi à condition de rendre compte du revenu outre les paiement desdits hommes d’armes. Après l’expulsion des anglais en 1450 le château de Neuilly fut remis à ses légitimes possesseurs, nous avons déjà vu l’évêque Zanon de Castiglione, qui occupa le siège de Bayeux depuis 1431 jusqu’en 1459 venir l’habiter et y mourir en 1470, Louis d’Harcourt, patriarche de Jérusalem et évêque de Bayeux, y fit faire de grandes réparations. Le roi Louis XI, par lettres patentes expédiés de Woissi en Gatinois octobre 1474 y érigea ainsi que dans toute les autres seigneuries de l’évêché une haute justice, en considération du patriarche qu’il qualifiait de coursier.
 
En 1492 l’Evêque Charles de Neufchâtel se renferma dans son château de Neuilly avec ses vassaux et quelques troupes, et y soutint avec avantage un siège contre un parti d’anglais descendu de la Hougue. C’est de cette résidence que le même évêque avait donné le 14 juin 1486, par rapport au prieuré de l’hôtel-dieu de Bayeux, un acte dans lequel il déclaré que cet établissement doit sa création, non pas aux roi d’Angleterre, mais aux Evêques Zanon, Guidon, et guillaume.
 
En 1589 le château de Neuilly fut pris par le ligueur Jean de Longaunay de Dampierre qui s’était déclaré contre son père, le marquis de Longaunay, lieutenant de l’armée du roi en Normandie, qui fut tué à la bataille d’Yvry. Comme Dampierre, maître du château, y retenait prisonnier Jean Duchemin, sieur de la Haulle, officier de la ville de saint-lô, dévoué au Roi Henri IV envoya l’année suivante 1590 le duc de Thorigny faire exprès pour le délivrer du siège du château de Neuilly. Dampierre ne pouvant résister, remit alors ce château à François de Bourbon, duc de Montpensier, qui en fit raser toutes les fortifications, et depuis ce temps il n’a plus été rétabli.
 
Au registre de la visite des forteresses du bailliage Caen, page 17 on lit : item, ce même jour (25 mars 1371) les cocanais visitèrent le Chastel de Nully, commandé à Hubert Thézard, chevalier, capitaine illeux que le Chastel il garde car il est bien appareillé. Or c’étaient les vassaux de l’évêque qui ordinairement étaient chargé de la garde du château : En 1378 l’évêque Nicolas dubosq, obtint, par impétration de la cour, que ses vassaux demeurans en la paroisse de saint vigor de Baieux fussent exempt du guet et de la garde de la dite ville, sous prétexte qu’ils étaient sujets à la garde de son Chastel de Nully.
 
 En 1472 des lettres de Charles VI, roi de France, rappelèrent aux habitants de Neuilly qu’ils devaient être fidèles à la garde du château, et en 1578 le sieur leprestre, capitaine du château certifiait que le 7 novembre 1543 ; Le 23 juin1551 et le 29 février 1576 il avait retenu gilles Suhard, sieur de la Conseillère, jean de boran, sieur de la Borannerie, et louis Estoc, sieur de gron, pour faire service du château, suivant la commission du sr de Matignon, gouverneur du Roi en Normandie.
 
A partir de 1590 les évêques de Bayeux cessèrent d’entretenir le château de Neuilly et d’y avoir un gouverneur ; Ils y placèrent seulement un sénéchal ou régisseur et n’y vinrent plus que rarement, comme dans une résidence particulière, pour se faire rendre compte de la gestion des grandes propriétés dont elle était le centre. En juillet 1663 Mgr de Nesmond vint à Neuilly, il y baptisa et nomma une fille pour Michel huchet, adjudicataire de la forêt ; le prélat resta plusieurs jours à Neuilly, y confirma quantité de personnes, officia pontificalement le jour de sainte Anne et logea pendant tout le temps au présbytére. Le même évêque vient encore à Neuilly en 1686, il baptisa dans la chapelle du château un fils pour Jean Compère, sieur de saint Jean et lui donne le nom de François.
 
En 1708 il fut parrain de la grosse des trois cloches qu’on plaça avec une horloge dans la nouvelle tour bâtie en 1700 et pour la construction de laquelle il avait donné milles livres et Mr de grainville, grand chantre deux cents livres. En 1681 il avait acheté à Neuilly et donné à l’hôtel-dieu de Bayeux qui la possède encore un terrain nommé les mailbots, d’une contenance de 30 vergées, à charge d’une messe basse chaque mois pour lui et ses parents. Les armes de Mgrs de Nesmond, qu’on voir encore aux deux cotés de l’autel de Neuilly et au coté sud du pont de la bougdelle, portaient d’or à trois cors de sable, l’embouchure à sénestre, enguichés d’azur, avec la devise : SURGITE IN SONO TUBA.
 
Après Mgrs de Nesmond nous avons plus trace que de deux visites à Neuilly des évêques de Bayeux, barons de Neuilly ; L’une de Mgrs Paul D’Albert de Luynes en 1750 pour nommer une nouvelle grosse cloche, dont la marraine fut la duchesse de cheuvreuse, nièce du prélat ; l’autre de Mgrs de rochechouard en 1770 pour l’échange avec Mr de Bricqueville de la seigneurie d’Isigny.
 
Vers 1840 les ruines du château de Neuilly, encore considérables, témoignaient des secousses violentes qu’il avait éprouvées, des entrées souterraines, placées dans l’avant cour, montraient qu’on avait pris précautions pour les temps de guerre afin de pouvoir communiquer dehors. La façade du bâtiment vers le sud était encore importante ; elle présentait de grande arcs en ogive, surmontés d’une terrasse en galerie pour observer les dehors de la place. Les salles voûtées du rez de chaussée paraissaient remonter au 14eme siècle, la partie supérieure semblait avoir été retravaillée à diverses époques, comme aux 15eme et 16eme siècles ; Les murs en briques qui bordaient la cour paraissaient de la fin du 16é siècle. On apercevait dans quelques pans des murailles des portions de maçonnerie en arêtes de poisson, vertiges du onzième siècle. Un puits en pierres de taille, parfaitement construit, servait pour les besoins de la place, qu’alimentait aussi la source nommé la pissotte, située à peu de distance de l’église, au Nord-Ouest, et dont l’eau était conduite au château par des canaux de terre cuite, placés profondément et que l’on retrouve encore aujourd’hui dans le parcours quand on y fait des terrassements.
 
Depuis 1840 les différentes constructions de nous venons de parler ont été rasées et en cette année 1866 il ne reste plus que les suivantes/ le donjon qui appartient au 14eme prison se trouve sous la salle qui porte ces armes, et les oubliettes ou in pace sont au pied d’un escalier du même côté. En face de la place du bâtiment principal, devenue un jardin, se trouve dans la cour vers le nord la chapelle bâtie en 1300 par l’évêque Pierre de Bénais, à condition qu’elle serai desservie surtout en temps de guerre ;
 Elle est aujourd’hui bien défigurée, les fenêtres ² lancettes étaient ornée d’une nervure et les colonnettes avaient des chapiteaux délicatement travaillés. Plus loin, sur la même ligne que la chapelle, on voit les restes d’un bâtiment voûté en deux rangs de galerie, dans la place qui le sépare de la chapelle, des fouilles récentes ont fait découvrir une grande quantité d’ossements humains. Ces derniers bâtiments sont tout se qui reste, et pour peu de temps, à ce qu’il paraît, de l’antique Chastel de Nully, ils sont à présent à usage de ferme, les cours intérieurs ont été changées en herbages, les douves comblées, et les fondements des portes murailles bâties sur pilotis, comme toute les autres construction du château fort de solides chemins pour le passage des voitures ² la ferme.
 
               De la vielle forêt il en reste qu’un faible vestige dans la portion réservé à l’évêque ; Les fermes de la baronnies, divisées entre plusieurs propriétaires, prospèrent de plus en plus ; les marais ont été en 1793 partagés entre les habitants sans que la commune y ait fait aucune réserve ; Le bois des arpents ainsi que quelques autres petit bois qui existaient ça et là ont été défriché comme la forêt, et du bois du parc il ne reste plus que des sections dont les propriétaires défrichent de temps à autre quelque nouveau morceau ; les anciennes familles elles-mêmes ont presqu’entiérement disparu, et la population actuelle se compose en grande partie d’étrangers presque tous venus de la Manche.
 
            Neuilly 8 décembre 1866.